Cloyes sur le Loir

L'église Saint-Georges


Cette église, la seule qui subsiste des deux églises paroissiales de Cloyes au Moyen-âge. Conçue à l'origine pour une église paroissiale, elle fut vite annexée par le Seigneur féodal qui s'en réserva l'usage.
En 1114, Renaud Percehaie, Seigneur de Romainville, pour réparer l'injustice commise par sa famille, la rendit publique et en fit don aux moines de Thiron qui possédaient déjà Notre-Dame d'Yron.
Du monument dédicacé vers 1140 ne subsiste plus que le chœur voûté en cul de four.
Vers 1400, on l'augmenta de la grande nef, que nous appelons aujourd'hui nef du Sacré Cœur, on prolongea et l'on rehaussa la nef romane. A cette date fut également édifié le clocher. Tous ces travaux furent en grande partie financés par une des dernières descendantes de la famille des Seigneurs de Cloyes : Jeanne, veuve de Pierre le Drouais qui y consacra une partie de l'héritage qu'elle tenait de sa sœur Catherine, dame de Cloyes et de Marboué.
Le portail du bas-côté nord encadré par deux colonnes appartient à la seconde Renaissance.
La sacristie fut édifiée en 1836 dans le jardin du presbytère et en 1843 adjonction de la nef méridionale dite nef de la Sainte Vierge et des fonds baptismaux.
L'intérieur du chœur a été réaménagé en 1966.
Début 2010, un nouveau vitrail symbolisant la Route du Blé et le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle fut posé.
Inscrite sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, par arrêté du 9 juillet 1927.







Notre-Dame d'Yron


De belles fresques romanes font la renommée de la chapelle de ce prieuré de l'abbaye de Thiron, fondé vers 1115 par Agnès de Montigny. Le bâtiment remonte en partie à cette époque. Il se compose d'un vaisseau rectangulaire couvert d'une voûte en berceau plein cintre terminé vers l'orient par une abside voûtée en cul de four. La partie occidentale de la nef, au-delà des colonnes engagées supportant l'arc doubleau, ainsi que la façade percée d'une large baie géminée avec oculus doivent dater de la fin XIIème siècle, voire du début du XIIIème siècle, malgré l'aspect encore roman du portail. La partie la plus ancienne est ornée de fresques contemporaines de la construction. Dominant l'autel, la statue en pierre de Notre-Dame d'Yron est encore l'objet d'un pèlerinage. Les bâtiments du prieuré, reconstruits au début du XVIème siècle et transformés en habitations particulières, existent toujours au nord de la chapelle.
En 1212, des enfants entraînés par le pâtre Estienne de Cloyes partent de la chapelle d'Yron pour une Croisade en Terre Sainte qui se termine tragiquement.
A la Révolution, la chapelle est vendue et transformée en grange à foin, mais le culte marital continue. Elle est rachetée en 1884 et son propriétaire en fait don à l'hospice. D'importants travaux de restauration sont effectués et elle est rendue au culte le 7 juillet 1898.
A la voûte du Chœur, le « Christ en Majesté » qui a été recouvert d'une composition identique au XIIIème siècle.
Sur le mur latéral gauche, « l'Adoration des Mages » ainsi que « la Flagellation du Christ ». Ce dernier thème n'a que deux représentations connues dont celle de la Chapelle d'Yron. Sur le mur latéral droit, le « Baiser de Judas » et sur celui de l'abside, les Apôtres figurés dans des arcatures peintes.
Il convient aussi de signaler, une très belle Vierge à l'enfant en pierre polychrome du XIVème siècle.
La chapelle est classée Monument Historique le 16 avril 1929.
Restauration des fresques en 1964.
De très importants travaux de restauration ont été réalisés récemment.



Prieuré d'Yron


En 1109, Saint Bernard de Tiron fondait son premier établissement dans la forêt de ce nom, grâce à la libéralité du comte Rotrou ; des religieux ensuite fondèrent 14 abbayes et 86 prieurés. Parmi ces derniers figurait à la 62ème place : Yron.
L'histoire de ce prieuré semble commencer vers 1115 quand « Agnès, châtelaine de Montigny, qui possédait alors le fief le plus considérable du Dunois, fit don aux moines de Tiron d'un établissement comprenant : maison, vergers, jardins et l'étendue d'une charrue de terre (le labour de deux chevaux durant une année), le tout situé sur le ruisseau d'Yron : on peut donc la considérer comme la fondatrice de ce prieuré.
« Vers 1134, son mari augmenta ces dons et y joignit des droits d'usage et de paisson pour les porcs dans ses bois. Deux autres seigneurs, vers la même date, donnèrent aux moines trois fermes. Moins bienveillant à leur endroit, le vicomte de Châteaudun s'appropria leurs bœufs et dut ensuite reconnaitre son tort, lequel dommage a été évalué, dans un accord daté de 1145, à onze livres, c'est-à-dire probablement le prix de quatre paires de bœufs ».
La bulle du pape Eugène III, en date du 30 mai 1147, confirme les biens de l'abbaye de Tiron, parmi lesquels Yron. Puis Thibault, comte de Blois, de Dunois et de Chartres, conjointement avec sa femme et ses enfantys, confirme aux moines, le 26 juin 1165, tout ce qui avait été précédemment donné, et en 1176, la bulle du pape Alexandre III nous montre le prieuré d'Yron comme constitué.
« une charte française donnée par Jean de Châtillon, comte de Blois et de Dunois, le 19 septembre 1272, renferme l'autorisation assez curieuse de tendre des filets en travers du lit desséché d'un ravin voisin d'Yron, permettant ainsi aux moines de recueillir les poissons qui s'échappaient des étangs situés en amont, lors des grandes crues ; ils pouvaient en outre poser des filets dans la rivière, leur étang et au moulin d'Yron. Les droits de Garenne et de colombier leur étaient reconnus. Le 3 avril 1272, le même comte avait exempté de toute redevance les valets du moulin d'Yron qui allaient, soit avec des chevaux, soit avec des ânes, chercher du grain pour le moudre ou qui en reportaient la farine ».
A Cloyes, les moines possédaient déjà les métairies de la Piotière, de la Chatonnerie, de la Grimaudière.
En 1516, Yron possédait 14 métairies dont 4 situées dans les paroisses de Cloyes.
Au XVIème siècle, les terres avoisinant Yron avaient été en grande partie divisées et données à cens par les moines, si bien qu'au moment de la Révolution « l'état des biens du Prieuré ou chambre abbatiale d'Yron, réunie à l'Abbaye de Tiron, ordre de Saint-Benoit, congrégation de Saint Maur, s'établissait comme suit :
- Bâtiment à l'usage de l'établissement : le manoir d'Yron et la cour de la chapelle.
- Un corps de ferme.
- Deux jardins : 1 boisseau.
- Terres 55 arpents.
- Friches ou bruyères : 30 arpents.
- Prés et mares : 4 arpents.
- Pâtures : 5 arpents.
- Vignes : 5 quartiers.
Le tout affermé au sieur Guilpin : 400 livres ».

« Cens, rentes et droits seigneuriaux sur le fief d'Yron : 150 livres.
« les charges et services spirituels et temporels consistent à dire la messe
à la chapelle tous les vendredis de l'année. »

Un document du 25 frimaire an 6 signale que :
« Le Commissaire du Directoire exécutif a exposé : que la ferme d'Yron,
située en cette commune de Cloye, composée des bâtiments propres à son exploitation, cour, jardin, pressoir à cidre, 3 mines de pré, 19 à 20 arpents de terre labourable par saison, 10 boisseaux de vigne et 15 à 20 arpents de pâture, a été vendue par la Nation, il y a cinq ou six ans au citoyen Coustol, lequel l'a revendue peu après au citoyen Soulier, autrefois prieur de Bouches-d'Aigre, qui lui-même l'a revendue presque aussitôt au citoyen Gras, loueur de voitures à Paris.
« Que le citoyen Gras l'a revendue à un citoyen dont le Commissaire ignore le nom, mais que ce particulier a revendu l'ensemble à un autre particulier, dont on ignore tout.
« Considérant d'ailleurs que la Nation a intérêt à ce que la location de la ferme d'Yron ait lieu, puisque, aux termes de la loi, les fermages de cette métairie doivent être versés à titre de consignation dans la caisse du Receveur de ce département.
« Aujourd'hui s'est présenté le citoyen Jean Blanchard, huissier à Blois, lequel a dit que le citoyen J-B Dubois, chef de la 4ème division des bureaux du ministère de l'Intérieur, est le propriétaire de la métairie d'Yron, ce qu'il a prouvé en produisant des pièces d'où il résulte :
« Que lui, Dubois, a acheté cette métairie moyennant 6000 livres du citoyen Mathieu Davouge, marchand de tableaux à Paris, suivant acte paszé à Paris, le 3 brumaire, an 4. Que le citoyen Louis Davouge l'avait acquise de Pierre Benoit Hannoteau et que celui-ci, l'avait acquise à Châteaudun par acte devant Raimbert du citoyen F. Coustol à l'acceptation de Jean-Louis Soulier, son fondé de pouvoir, moyennant 65600 livres.
« Auparavant, le 15 mars 1791, devant l'administration du district de Châteaudun, la métairie avait été adjugée au profit du citoyen André Bignon, homme de loi, demeurant à Châteaudun, lequel avait le 21 mars suivant, fait sa déclaration, devant la même administration au profit du citoyen Coustol.
Que depuis ce temps-là les biens du Prieuré se dispersèrent petit à petit.
Le 3 octobre 1824, devant Me Barillon, notaire à Cloyes on trouve un partage morcelant les bâtiments du Prieuré et les terres environnantes.
Un autre partage du 16 juillet 1854, devant Me Ripault, notaire à Cloyes, suivi de ventes, morcelait encore ces mêmes immeubles.
Les vieux moines après avoir travaillé en défrichant ces lieux marécageux et infertiles pendant 6 siècles, disparurent par suite de quels événements ?




La Commune


Donner une date sur l'origine de Cloyes serait pure fantaisie. Nombre d'objets et de vestiges Gallo-Romains trouvés sur le territoire de la commune (cimetière mérovingien, sarcophages de grés rose, et pierre blanche attestent l'ancienneté de Cloyes, qui fut un bourg clos de murs, avant d'être le 28 mai 1545 en ville lors du séjour à Cloyes de François 1er.
Cloyes en latin Cloa, Cloia, Claya, Cloya, paraît provenir du vieux mot Cloca, qui veut dire Claies faisant penser aux prairies entourées de claies situées sur le bord du Loir.
Cloyes prit naissance dans le quartier du Vivier puis ptit de l'extension sur la rive gauche du Loir, traversa la rivière, et continua à s'étendre sur la rive droite. Ce bourg est de venu par la suite un centre important pour l'agriculture, le commerce et l'industrie.
Traversée par un chemin de grandes communications, Cloyes profita ainsi du passage des grands personnages de l'histoire :
Saint Solesme (507), évêque de Chartres, accompagna, jusqu'aux limites de son diocèse, le Roi Clovis qui se dirigeait sur la Loire contre les Wisigoths.
Le pape Allexandre II (1164), le roi d'Angleterre Edouard III (1360) qui se rendait en Bretagne.
En 1372, 1373, 1383 et 1402, Philippe le Hardi, régent de France sous Charles VI, duc de Bourgogne en 1417 .
Jean Sans Peur, Louis XII et la reine Anne de Bretagne en 1505. François 1er en 1545, qui lors de son passage érigea Cloyes en ville.
En 1560, François II avec la jeune reine Marie Stuart.
En 1562, ce fut Catherine de Médicis qui dina à Cloyes.
Puis plus près de nous, Emile Zola qui s'installa à l'Hôtel du Dauphin pour écrire son célèbre roman « la Terre ».


Notons quelques vieilles maisons : Maison à Tourelle (1553), Maison des Templiers, et la maison dite « Château de Cloyes » dans le centre ville.

Bel-Air, maison isolée.

Le Bois de Villasse,

Le Boulay,

Bouville, charmant petit château à la limite de Cloyes et d'Autheuil. Ancienne fabrique de sucre.
Agnès Tanneur lègue Bouville à l'abbaye de la Madeleine en 1382, puis on trouve les familles de Morée et de Bourgoin jusqu'en 1550. La famille Bernardon le conserva jusqu'en 1685 avant de le céder aux Ursulines de Vendôme qui le revendent en 1693 à la famille Marescot. En 1716, Nicolas Cellier de Bouville achète le château, son petit-fils Jacques Nicolas joseph transforma château et jardins vers 1775. C'est sa petite fille Mademoiselle Angélique Charlotte Cellier de Bouville qui fait entrer au château la famille d'Argent des deux fontaines.
A la révolution de juillet 1830, Charles Marie d'Argent des deux Fontaines agrandit le château de deux ailes avec terrasses et deuxième étage.
Au recensement de 1872, on dénombre 35 personnes habitant le château et ses dépendances.

Le Carrefour,

La Chatonnerie, ancienne métairie ayant appartenue au Prieuré d'Yron.

La Crotte, ancienne paroisse de Saint-Lubin, ancien fief seigneurial, sur lequel étaient assignés les honoraires du prédicateur de la Dominicale à la Madeleine de Châteaudun. En 1483, elle était à Raoullin de Meaussé, qui fit un échange avec Léon Grimaud, abbé de Thyron. Ce Raoullin était fils de Jean de Meaussé, écuyer et de Gillette de Movés, qui habitaient La Crotte en 1451.

Les Dauphins,

La Dinoue, maison isolée.

La Durandière, ferme mentionnée comme métairie en 1386.

Les Fossés,

Le Fourneau à Chaux, tuilerie

Fresnay, ferme ; ancien fief seigneurial relevant de la châtellenie de Montigny-le-Gannelon en 1509. A cette date, elle appartenait à Jean Clément, écuyer, qui en fit aveu à Guiot de Renty. Il fut vendu ensuite à Louis de Bourbon, comte de Vendôme.
Ce château était passé vers 1530, à N. de Taix, peut-être par jeanne de Thiville, son épouse, sœur du gouverneur de Châteaudun. Leurs fils Guillaume de Taix, doyen de Troyes en Champagne et abbé de Basse-Fontaine, naquit à Fresnay en 1531 ou 1532. Député aux Etats de Blois en 1576, puis aux Assemblées de Melun et de Saint-Germain-en-Laye, il avait fait la relation et l'histoire de ces évènements. Il est mort vers 1599, et a été inhumé dans l'église cathédrale de Troyes. Louis de Taix, fut seigneur de Fresnay et marié à Marie de Luciennes, que Morey dit être de la Maison du Buisson, près Langey.

La Galoire, ancien monastère de Citeaux qui n'a perduré sans doute que du 12ème au 14ème siècle, avait cependant une certaine importance avec sa ferme et son moulin.
On trouve de nombreux seigneurs de la Galoire. En 1577, Léon d'Estiveau seigneur de la Galloire est assassiné. en 1678, c'est Joachim de Courtavel qui en est le seigneur. Philippe Guillois, écuyer, officier de mdame la duchesse d'Orléans en est le propriétaire en 1773.
Les moulins de la Gallouère sont mentionnés en 1586.

Le Grand-Ane-Benoist, ferme

Le Grand Beaumarchais,

La Grande Audrière, ferme

La Guéraudière,

La Halterie, maison isolée

La Hamarderie,

La Hennebinerie,

La Maigrière,

La Patte-de-Mouton, maison isolée

Le Petit-Ane-Benoist, maison isolée

Le Petit-Beaumarchais, maison isolée

La Petite Audrière, ferme

La Piotière, ancienne métairie ayant appartenue au prieuré d'Yron.

La Poissetière, tuilerie

La Roche, alias Rochevert, la Roche-Vert, château seigneurial en 1363, sur la paroisse de Saint-George fut démoli au XVIIIème siècle. Il en subsiste un cul de four. Il a été possédé par la Maison de Thiville. Jacques de Thiville, gouverneur du Dunois, en était seigneur en 1565.

Romainville, ancienne seigneurie que l'on trouve sous le nom de Romanivilla en 1110, Roumainville en 1525 et Rommainville en 1621.
On trouve dès 1114 des liens avec les moines de l'abbaye de Thiron.
Guillaume de Romainville vivait en 1162.
En 1239, on parle de Hugues de Cloyes, seigneur de Romainville et de Cloyes.
Ce château aurait été élevé sur une forteresse du moyen-âge. La 1ère partie est une tour bâtie à même le sol et daterait de la guerre de cent ans. Elle se présente sous la forme d'un pavillon à colombage. La 2ème partie, également du moyen-âge avec une cave au niveau des douves, une cuisine au rez-de-chaussée, une bibliothèque au premier et une chapelle au second. La 3ème partie dite le pavillon Mangot a été construite par Mathurin Mangot vers 1676 et abrite le salon et des chambres à chaque niveau. La dernière partie du château date du début 19ème siècle et apporte avec salle à manger, et chambres aux étages un certain confort.
Une partie de la propriété est encore entourée de douves en eau. Un pont-levis à longtemps gardé le château, il reste toujours un petit pont pour pénétrer dans le jardin privé.

Le Sanitas,

La Simonnerie,

La Terrauderie,

La Tintamaillerie,

La Valoderie

La Villasserie

Yron, le recensement de 1831, divise ainsi ce hameau : la Chapelle d'Yron, les Pâtis d'Yron, les Ruelles d'Yron, le Moulin d'Yron, le Val d'Yron.







 

 

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