Le Canton
Cloyes sur le Loir

L'église Saint-Georges


Cette église, la seule qui subsiste des deux églises paroissiales de Cloyes au Moyen-âge. Conçue à l'origine pour une église paroissiale, elle fut vite annexée par le Seigneur féodal qui s'en réserva l'usage.
En 1114, Renaud Percehaie, Seigneur de Romainville, pour réparer l'injustice commise par sa famille, la rendit publique et en fit don aux moines de Thiron qui possédaient déjà Notre-Dame d'Yron.
Du monument dédicacé vers 1140 ne subsiste plus que le chœur voûté en cul de four.
Vers 1400, on l'augmenta de la grande nef, que nous appelons aujourd'hui nef du Sacré Cœur, on prolongea et l'on rehaussa la nef romane. A cette date fut également édifié le clocher. Tous ces travaux furent en grande partie financés par une des dernières descendantes de la famille des Seigneurs de Cloyes : Jeanne, veuve de Pierre le Drouais qui y consacra une partie de l'héritage qu'elle tenait de sa sœur Catherine, dame de Cloyes et de Marboué.
Le portail du bas-côté nord encadré par deux colonnes appartient à la seconde Renaissance.
La sacristie fut édifiée en 1836 dans le jardin du presbytère et en 1843 adjonction de la nef méridionale dite nef de la Sainte Vierge et des fonds baptismaux.
L'intérieur du chœur a été réaménagé en 1966.
Début 2010, un nouveau vitrail symbolisant la Route du Blé et le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle fut posé.
Inscrite sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, par arrêté du 9 juillet 1927.







Notre-Dame d'Yron


De belles fresques romanes font la renommée de la chapelle de ce prieuré de l'abbaye de Thiron, fondé vers 1115 par Agnès de Montigny. Le bâtiment remonte en partie à cette époque. Il se compose d'un vaisseau rectangulaire couvert d'une voûte en berceau plein cintre terminé vers l'orient par une abside voûtée en cul de four. La partie occidentale de la nef, au-delà des colonnes engagées supportant l'arc doubleau, ainsi que la façade percée d'une large baie géminée avec oculus doivent dater de la fin XIIème siècle, voire du début du XIIIème siècle, malgré l'aspect encore roman du portail. La partie la plus ancienne est ornée de fresques contemporaines de la construction. Dominant l'autel, la statue en pierre de Notre-Dame d'Yron est encore l'objet d'un pèlerinage. Les bâtiments du prieuré, reconstruits au début du XVIème siècle et transformés en habitations particulières, existent toujours au nord de la chapelle.
En 1212, des enfants entraînés par le pâtre Estienne de Cloyes partent de la chapelle d'Yron pour une Croisade en Terre Sainte qui se termine tragiquement.
A la Révolution, la chapelle est vendue et transformée en grange à foin, mais le culte marital continue. Elle est rachetée en 1884 et son propriétaire en fait don à l'hospice. D'importants travaux de restauration sont effectués et elle est rendue au culte le 7 juillet 1898.
A la voûte du Chœur, le « Christ en Majesté » qui a été recouvert d'une composition identique au XIIIème siècle.
Sur le mur latéral gauche, « l'Adoration des Mages » ainsi que « la Flagellation du Christ ». Ce dernier thème n'a que deux représentations connues dont celle de la Chapelle d'Yron. Sur le mur latéral droit, le « Baiser de Judas » et sur celui de l'abside, les Apôtres figurés dans des arcatures peintes.
Il convient aussi de signaler, une très belle Vierge à l'enfant en pierre polychrome du XIVème siècle.
La chapelle est classée Monument Historique le 16 avril 1929.
Restauration des fresques en 1964.
De très importants travaux de restauration ont été réalisés récemment.



Prieuré d'Yron


En 1109, Saint Bernard de Tiron fondait son premier établissement dans la forêt de ce nom, grâce à la libéralité du comte Rotrou ; des religieux ensuite fondèrent 14 abbayes et 86 prieurés. Parmi ces derniers figurait à la 62ème place : Yron.
L'histoire de ce prieuré semble commencer vers 1115 quand « Agnès, châtelaine de Montigny, qui possédait alors le fief le plus considérable du Dunois, fit don aux moines de Tiron d'un établissement comprenant : maison, vergers, jardins et l'étendue d'une charrue de terre (le labour de deux chevaux durant une année), le tout situé sur le ruisseau d'Yron : on peut donc la considérer comme la fondatrice de ce prieuré.
« Vers 1134, son mari augmenta ces dons et y joignit des droits d'usage et de paisson pour les porcs dans ses bois. Deux autres seigneurs, vers la même date, donnèrent aux moines trois fermes. Moins bienveillant à leur endroit, le vicomte de Châteaudun s'appropria leurs bœufs et dut ensuite reconnaitre son tort, lequel dommage a été évalué, dans un accord daté de 1145, à onze livres, c'est-à-dire probablement le prix de quatre paires de bœufs ».
La bulle du pape Eugène III, en date du 30 mai 1147, confirme les biens de l'abbaye de Tiron, parmi lesquels Yron. Puis Thibault, comte de Blois, de Dunois et de Chartres, conjointement avec sa femme et ses enfantys, confirme aux moines, le 26 juin 1165, tout ce qui avait été précédemment donné, et en 1176, la bulle du pape Alexandre III nous montre le prieuré d'Yron comme constitué.
« une charte française donnée par Jean de Châtillon, comte de Blois et de Dunois, le 19 septembre 1272, renferme l'autorisation assez curieuse de tendre des filets en travers du lit desséché d'un ravin voisin d'Yron, permettant ainsi aux moines de recueillir les poissons qui s'échappaient des étangs situés en amont, lors des grandes crues ; ils pouvaient en outre poser des filets dans la rivière, leur étang et au moulin d'Yron. Les droits de Garenne et de colombier leur étaient reconnus. Le 3 avril 1272, le même comte avait exempté de toute redevance les valets du moulin d'Yron qui allaient, soit avec des chevaux, soit avec des ânes, chercher du grain pour le moudre ou qui en reportaient la farine ».
A Cloyes, les moines possédaient déjà les métairies de la Piotière, de la Chatonnerie, de la Grimaudière.
En 1516, Yron possédait 14 métairies dont 4 situées dans les paroisses de Cloyes.
Au XVIème siècle, les terres avoisinant Yron avaient été en grande partie divisées et données à cens par les moines, si bien qu'au moment de la Révolution « l'état des biens du Prieuré ou chambre abbatiale d'Yron, réunie à l'Abbaye de Tiron, ordre de Saint-Benoit, congrégation de Saint Maur, s'établissait comme suit :
- Bâtiment à l'usage de l'établissement : le manoir d'Yron et la cour de la chapelle.
- Un corps de ferme.
- Deux jardins : 1 boisseau.
- Terres 55 arpents.
- Friches ou bruyères : 30 arpents.
- Prés et mares : 4 arpents.
- Pâtures : 5 arpents.
- Vignes : 5 quartiers.
Le tout affermé au sieur Guilpin : 400 livres ».

« Cens, rentes et droits seigneuriaux sur le fief d'Yron : 150 livres.
« les charges et services spirituels et temporels consistent à dire la messe
à la chapelle tous les vendredis de l'année. »

Un document du 25 frimaire an 6 signale que :
« Le Commissaire du Directoire exécutif a exposé : que la ferme d'Yron,
située en cette commune de Cloye, composée des bâtiments propres à son exploitation, cour, jardin, pressoir à cidre, 3 mines de pré, 19 à 20 arpents de terre labourable par saison, 10 boisseaux de vigne et 15 à 20 arpents de pâture, a été vendue par la Nation, il y a cinq ou six ans au citoyen Coustol, lequel l'a revendue peu après au citoyen Soulier, autrefois prieur de Bouches-d'Aigre, qui lui-même l'a revendue presque aussitôt au citoyen Gras, loueur de voitures à Paris.
« Que le citoyen Gras l'a revendue à un citoyen dont le Commissaire ignore le nom, mais que ce particulier a revendu l'ensemble à un autre particulier, dont on ignore tout.
« Considérant d'ailleurs que la Nation a intérêt à ce que la location de la ferme d'Yron ait lieu, puisque, aux termes de la loi, les fermages de cette métairie doivent être versés à titre de consignation dans la caisse du Receveur de ce département.
« Aujourd'hui s'est présenté le citoyen Jean Blanchard, huissier à Blois, lequel a dit que le citoyen J-B Dubois, chef de la 4ème division des bureaux du ministère de l'Intérieur, est le propriétaire de la métairie d'Yron, ce qu'il a prouvé en produisant des pièces d'où il résulte :
« Que lui, Dubois, a acheté cette métairie moyennant 6000 livres du citoyen Mathieu Davouge, marchand de tableaux à Paris, suivant acte paszé à Paris, le 3 brumaire, an 4. Que le citoyen Louis Davouge l'avait acquise de Pierre Benoit Hannoteau et que celui-ci, l'avait acquise à Châteaudun par acte devant Raimbert du citoyen F. Coustol à l'acceptation de Jean-Louis Soulier, son fondé de pouvoir, moyennant 65600 livres.
« Auparavant, le 15 mars 1791, devant l'administration du district de Châteaudun, la métairie avait été adjugée au profit du citoyen André Bignon, homme de loi, demeurant à Châteaudun, lequel avait le 21 mars suivant, fait sa déclaration, devant la même administration au profit du citoyen Coustol.
Que depuis ce temps-là les biens du Prieuré se dispersèrent petit à petit.
Le 3 octobre 1824, devant Me Barillon, notaire à Cloyes on trouve un partage morcelant les bâtiments du Prieuré et les terres environnantes.
Un autre partage du 16 juillet 1854, devant Me Ripault, notaire à Cloyes, suivi de ventes, morcelait encore ces mêmes immeubles.
Les vieux moines après avoir travaillé en défrichant ces lieux marécageux et infertiles pendant 6 siècles, disparurent par suite de quels événements ?




La Commune


Donner une date sur l'origine de Cloyes serait pure fantaisie. Nombre d'objets et de vestiges Gallo-Romains trouvés sur le territoire de la commune (cimetière mérovingien, sarcophages de grés rose, et pierre blanche attestent l'ancienneté de Cloyes, qui fut un bourg clos de murs, avant d'être le 28 mai 1545 en ville lors du séjour à Cloyes de François 1er.
Cloyes en latin Cloa, Cloia, Claya, Cloya, paraît provenir du vieux mot Cloca, qui veut dire Claies faisant penser aux prairies entourées de claies situées sur le bord du Loir.
Cloyes prit naissance dans le quartier du Vivier puis ptit de l'extension sur la rive gauche du Loir, traversa la rivière, et continua à s'étendre sur la rive droite. Ce bourg est de venu par la suite un centre important pour l'agriculture, le commerce et l'industrie.
Traversée par un chemin de grandes communications, Cloyes profita ainsi du passage des grands personnages de l'histoire :
Saint Solesme (507), évêque de Chartres, accompagna, jusqu'aux limites de son diocèse, le Roi Clovis qui se dirigeait sur la Loire contre les Wisigoths.
Le pape Allexandre II (1164), le roi d'Angleterre Edouard III (1360) qui se rendait en Bretagne.
En 1372, 1373, 1383 et 1402, Philippe le Hardi, régent de France sous Charles VI, duc de Bourgogne en 1417 .
Jean Sans Peur, Louis XII et la reine Anne de Bretagne en 1505. François 1er en 1545, qui lors de son passage érigea Cloyes en ville.
En 1560, François II avec la jeune reine Marie Stuart.
En 1562, ce fut Catherine de Médicis qui dina à Cloyes.
Puis plus près de nous, Emile Zola qui s'installa à l'Hôtel du Dauphin pour écrire son célèbre roman « la Terre ».


Notons quelques vieilles maisons : Maison à Tourelle (1553), Maison des Templiers, et la maison dite « Château de Cloyes » dans le centre ville.

Bel-Air, maison isolée.

Le Bois de Villasse,

Le Boulay,

Bouville, charmant petit château à la limite de Cloyes et d'Autheuil. Ancienne fabrique de sucre.
Agnès Tanneur lègue Bouville à l'abbaye de la Madeleine en 1382, puis on trouve les familles de Morée et de Bourgoin jusqu'en 1550. La famille Bernardon le conserva jusqu'en 1685 avant de le céder aux Ursulines de Vendôme qui le revendent en 1693 à la famille Marescot. En 1716, Nicolas Cellier de Bouville achète le château, son petit-fils Jacques Nicolas joseph transforma château et jardins vers 1775. C'est sa petite fille Mademoiselle Angélique Charlotte Cellier de Bouville qui fait entrer au château la famille d'Argent des deux fontaines.
A la révolution de juillet 1830, Charles Marie d'Argent des deux Fontaines agrandit le château de deux ailes avec terrasses et deuxième étage.
Au recensement de 1872, on dénombre 35 personnes habitant le château et ses dépendances.

Le Carrefour,

La Chatonnerie, ancienne métairie ayant appartenue au Prieuré d'Yron.

La Crotte, ancienne paroisse de Saint-Lubin, ancien fief seigneurial, sur lequel étaient assignés les honoraires du prédicateur de la Dominicale à la Madeleine de Châteaudun. En 1483, elle était à Raoullin de Meaussé, qui fit un échange avec Léon Grimaud, abbé de Thyron. Ce Raoullin était fils de Jean de Meaussé, écuyer et de Gillette de Movés, qui habitaient La Crotte en 1451.

Les Dauphins,

La Dinoue, maison isolée.

La Durandière, ferme mentionnée comme métairie en 1386.

Les Fossés,

Le Fourneau à Chaux, tuilerie

Fresnay, ferme ; ancien fief seigneurial relevant de la châtellenie de Montigny-le-Gannelon en 1509. A cette date, elle appartenait à Jean Clément, écuyer, qui en fit aveu à Guiot de Renty. Il fut vendu ensuite à Louis de Bourbon, comte de Vendôme.
Ce château était passé vers 1530, à N. de Taix, peut-être par jeanne de Thiville, son épouse, sœur du gouverneur de Châteaudun. Leurs fils Guillaume de Taix, doyen de Troyes en Champagne et abbé de Basse-Fontaine, naquit à Fresnay en 1531 ou 1532. Député aux Etats de Blois en 1576, puis aux Assemblées de Melun et de Saint-Germain-en-Laye, il avait fait la relation et l'histoire de ces évènements. Il est mort vers 1599, et a été inhumé dans l'église cathédrale de Troyes. Louis de Taix, fut seigneur de Fresnay et marié à Marie de Luciennes, que Morey dit être de la Maison du Buisson, près Langey.

La Galoire, ancien monastère de Citeaux qui n'a perduré sans doute que du 12ème au 14ème siècle, avait cependant une certaine importance avec sa ferme et son moulin.
On trouve de nombreux seigneurs de la Galoire. En 1577, Léon d'Estiveau seigneur de la Galloire est assassiné. en 1678, c'est Joachim de Courtavel qui en est le seigneur. Philippe Guillois, écuyer, officier de mdame la duchesse d'Orléans en est le propriétaire en 1773.
Les moulins de la Gallouère sont mentionnés en 1586.

Le Grand-Ane-Benoist, ferme

Le Grand Beaumarchais,

La Grande Audrière, ferme

La Guéraudière,

La Halterie, maison isolée

La Hamarderie,

La Hennebinerie,

La Maigrière,

La Patte-de-Mouton, maison isolée

Le Petit-Ane-Benoist, maison isolée

Le Petit-Beaumarchais, maison isolée

La Petite Audrière, ferme

La Piotière, ancienne métairie ayant appartenue au prieuré d'Yron.

La Poissetière, tuilerie

La Roche, alias Rochevert, la Roche-Vert, château seigneurial en 1363, sur la paroisse de Saint-George fut démoli au XVIIIème siècle. Il en subsiste un cul de four. Il a été possédé par la Maison de Thiville. Jacques de Thiville, gouverneur du Dunois, en était seigneur en 1565.

Romainville, ancienne seigneurie que l'on trouve sous le nom de Romanivilla en 1110, Roumainville en 1525 et Rommainville en 1621.
On trouve dès 1114 des liens avec les moines de l'abbaye de Thiron.
Guillaume de Romainville vivait en 1162.
En 1239, on parle de Hugues de Cloyes, seigneur de Romainville et de Cloyes.
Ce château aurait été élevé sur une forteresse du moyen-âge. La 1ère partie est une tour bâtie à même le sol et daterait de la guerre de cent ans. Elle se présente sous la forme d'un pavillon à colombage. La 2ème partie, également du moyen-âge avec une cave au niveau des douves, une cuisine au rez-de-chaussée, une bibliothèque au premier et une chapelle au second. La 3ème partie dite le pavillon Mangot a été construite par Mathurin Mangot vers 1676 et abrite le salon et des chambres à chaque niveau. La dernière partie du château date du début 19ème siècle et apporte avec salle à manger, et chambres aux étages un certain confort.
Une partie de la propriété est encore entourée de douves en eau. Un pont-levis à longtemps gardé le château, il reste toujours un petit pont pour pénétrer dans le jardin privé.

Le Sanitas,

La Simonnerie,

La Terrauderie,

La Tintamaillerie,

La Valoderie

La Villasserie

Yron, le recensement de 1831, divise ainsi ce hameau : la Chapelle d'Yron, les Pâtis d'Yron, les Ruelles d'Yron, le Moulin d'Yron, le Val d'Yron.











 

 
Arrou

L'église Saint-Lubin

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Trois époques ont marqué la construction de l'église : le XIIème siècle pour la nef principale, le XVème siècle pour les nefs latérales et la chaire, le XVIIème siècle pour la tour qui supporte le clocher.

L'époque Romane.
La nef principale a été construite en grison (roche très dure constituée de petits silex agglomérés au moyen d'un oxyde de fer). La porte principale est formée de trois arcatures sans aucune décoration car le grison ne se prête pas à la sculpture.

L'époque Gothique.
Ce sont les nefs latérales et la chaire. Leurs toitures sont formées de quatre pignons. Ces derniers sont séparés par des chéneaux que terminent des gargouilles sculptées.

L'époque Renaissance.
Le clocher date du milieu du XVIIème siècle. On lit la date de 1647 sur le linteau de la porte au bas du clocher. C'est une tour qui soutient le clocher. L'intérieur de la tour est éclairé par une rosace très simple au premier étage.
Cette tour était surmontée à l'origine d'une flèche très élancée, une des plus hautes de la contrée, qui fut détruite en février 1802 par un incendie provoqué par la foudre. Faute de ressources suffisantes, la flèche n'a pas été reconstruite dans le même style : carré à la base, il se termine par une flèche octogonale.
Le décor intérieur.
A la fin du XIXème siècle, les murs du sanctuaire ont été recouverts de peintures de style néobysantin par le docteur Paul Durand. Mais, ce savant archéologue est mort avant d'avoir fini son œuvre et c'est l'abbé Henault qui la termina.
Différentes fresques sont visibles. L'une d'entre elles représente des colombes, symboles de l'âme chrétienne en contemplation devant des grappes de raisin alternant avec des épis de blé, symboles de l'Eucharistie.
Dans l'embrasure des fenêtres, des médaillons ronds renferment les noms des vertus avec des emblèmes caractéristiques.eglise_arrouR
Les statues sont nombreuses. Certaines sont en bois, d'autres en plâtre ou en stuc. Elles représentent la Vierge Marie, Saint Joseph et d'autres Saints ‘Saint Eloi, Saint Benoît, Saint Jean Baptiste, Saint Lubin...).
Les tableaux, aussi, sont nombreux. Certains ont été copiés à Rome sur des maîtres italiens. Ils représentent la Vierge Marie et la Sainte famille, la Sainte Face.
Se trouve également dans cette église, un remarquable crucifix en bois peint fixé sur le poinçon de la charpente à l'entrée du chœur.



La Chapelle Saint Benoist


Elle date du XIIème siècle : en effet, elle a été construite en 1136 par les moines bénédictins de Thiron Gardais auxquels Jérémy de l'Isle, Seigneur de l'Isle en Vendômois, de Brou et de Bois Ruffin, avait donné la terre des Mellerets. En contrepartie de ce don, les moines devaient défricher cette terre et y construire une chapelle.
Celle-ci fut éd
chapelle_st_lubinRifiée auprès d'une source qui coulait dans le tronc d'un vieil arbre. Cette fontaine explique la présence d'une grosse pierre au bord de la route, probablement un menhir.
On retrouve le gr
ison dans l'encadrement des fenêtres et du campanile qui abrite deux cloches. La décoration intérieure réside surtout dans les lambris en planches appliquées contre le toit même.
Elle renferme quelques statues conçues avec différents matériaux : statue de Saint Blaise en chêne, statue d'une vierge à l'enfant en bois polychrome, statue de Saint Benoît en plâtre.



Le château de Bois Ruffin


Bois-Ruffin
L'aspect pittoresque de Bois Ruffin et son état de conservation en font un intéressant monument féodal, témoin de l'architecture militaire et défensive du XIIIème siècle.
L'origine de la forteresse.
Il est fort probable que le château fut fondé dans le second quart du XIIème siècle. Il s'agissait sans doute d'un noyau fortifié avec une enceinte de terre surmontée d'une palissade avec peut être un premier donjon. La forteresse visible de nos jours serait le fruit d'une refortification d'un site existant.
L'étude des parties maçonnées de Bois Ruffin et la comparaison avec le château d'Alluyes indiquent qu'il aurait été construit dans les années 1240-1250.
Les différentes parties de Bois Ruffin :
C'était un noyau fortifié construit en grison, implanté sur un îlot entouré de deux étangs, aujourd'hui disparus, qui alimentaient les fossés. Autrefois, il était ceint d'une courtine circulaire flanquée de quelques tours semi-circulaires presque totalement ruinées et d'un mur d'enceinte passablement détruit.
Assez bien conservée, la massive tour carrée garde l'entrée de la cour où s'élève le donjon.
Avec des murs d'une épaisseur de 3.60 mètres, le donjon était composé de quatre niveaux :
- A l'intérieur du donjon, le rez-de-chaussée, doté d'un puits en son centre, n'était accessible que par un escalier en bois et servait sans doute de magasin.
- Le deuxième niveau est celui par lequel on entrait. Il était situé à la même hauteur que le chemin de ronde du rempart : une minuscule ouverture éclairait la salle parcimonieusement. Des latrines en encorbellement étaient présentes ainsi qu'une cheminée.
- La communication avec le troisième niveau devait se faire par un escalier intérieur en bois. éclairé par deux fenêtres rectangulaires à meneau et par une baie, cet étage était apparemment le logis seigneurial.
- Le dernier étage servait de système de défense. Il est remarquable du fait de sa conservation : les créneaux d'origine sont presque intacts avec leurs archères ménagées dans les merlons (partie pleine d'un parapet entre deux créneaux) ainsi que la ceinture de trous de boulins (trous laissés dans la maçonnerie après la dépose de la pièce de bois horizontale) qui couronne ce niveau.
Classé Monument Historique en 1924, le site où s'élève la vieille tour, fut acquis en 1934 par M. Henri Lecomte, qui fut maire de Courtalain de 1920 à 1925.



La fontaine Measlet


Située à 5 km du bourg, sur la route qui mène à la Chapelle-Royale, ce hameau s'appelait Pons-Mellani vers 1100.
En 1120, il devint Pons-Medlai et enfin Fontaine-Meallet en 1389. Cet endroit doit son nom à l'existence de la fontaine miraculeuse d'où s'échappe une eau très limpide, qui, après être passée sous le petit pont, va rejoindre l'Yerre passant à quelques 50 mètres. Une grande croix a été édifiée à côté du petit bassin ainsi d'ailleurs qu'un lavoir.
Ce site constitue un endroit privilégié pour les botanistes car il y pousse une plante fort rare dans le Dunois, de la famille des renoncules, dénommée : Ranunculus Hederacus.



La Commune


L'origine d'Arrou est très ancienne. Tout le territoire qu'embrasse le vaste domaine d'Arrou jouissait d'une certaine notoriété dès l'époque de Clovis (466-511) et devait son origine à d'immenses domaines dont la reine Clotilde aurait doté les moines de Saint-Père de Chartres.
Ces moines, en effet, paraissent y avoir possédé d'énormes revenus jusqu'en 837, revenus qu'ils auraient remis à l'époque aux mains des barons di Perche-Gouët, comme soutien et récompense de leur courage et dévouement à repousser les invasions des hommes du Nord.
En 1008 apparaît le nom de Geffroy d'Arrou.
Vers 1125, apparaît pour la première fois le nom Arro. Puis on a retrouvé successivement : Arrei vers 1135, Arresi vers 1140, Arotum vers 1192, Arreis en 1209, Arou en 1643, et enfin Arrou en 1736. C'est cette orthographe qui figure sur les cartes de delisle en 1712 et de Cassini vers 1760.
Aux archives départementales d'Eure-et-Loir sont conservées des lettres-patentes de HenriIII, portant permission d'enclore le bourg d'Arrou (1588).
Au XVIIIème siècle, la paroisse d'Arrou était divisée en cinq quartier : 1° des Bois-Besnards ; 2° de Bois-Ruffin, appelé aussi Quartier-des-Bois ou Grand-Quartier ; 3° de Courtalain ; 4° de Saint-Romain ; 5° du Mée. Elle renfermait 85 villages et 69 fermes ou maisons isolées ; c'était la plus étendue non seulement du Dunois, mais de tout l'évéché.
Arrou a été chef-lieu de canton de 1790 à 1801.




Les Bois-Besnard


Le plus important écart de la commune, à 3 kilomètres du chef-lieu, près de la queue de la Fôret de Bois-Ruffin. Le château qui a remplacé un ancien castel, siège d'une seigneurie depuis le 13ème siècle jusqu'à la révolution.

chateau_bois_besnardRCette seigneurie était un fief relevant de Cour-Cheverny et ressortissant, pour sa haute justice, au baillage de Blois. Le seigneur des Bois-Besnard se trouvait aussi vassal de Chaussepot qui, de son côté, était un fief émouvant en hommage des châtels et châtellenies de Courtalain. A cette époque, le seigneur des Bois-Besnard s'appelait Jacques de Paris, écuyer, plus tard, la seigneurie des Bois-Besnard appartint à Denis Bordas. En 1751, les Bois-Besnard étaient la propriété de Denis Givès qui les transmettait ensuite au chevalier seigneur de Croiseil qui les transmettait à son fils, marié à dame Loubes de Saulna.
Pendant que la seigneurie des Bois-Besnard possédait les droits de haute, moyenne et basse justice, on vit vit quelques temps René Thénaisie, bailli du siège. Cette justice était peu importante car les audiences, assez irrégulièrement tenues, ne dépassaient pas en moyenne le chiffre de 4 par année.




 

 
Courtalain

L'église


L'église Saint Jean-Baptiste de Courtalain du XIIème siècle, déjà réparée en 1592, fut reconstruite en 1809, augmentée d'un bas-côté en 1838, puis d'un Eglise_Rremarquable clocher porche surmonté, d'une flèche de douze mètres de hauteur, grâce aux libéralités de la famille de Montmorency, propriétaire du château.
C'est à Guillaume Davaugour et Perette de Baïf, son épouse, que l'on attribue l'érection de la chapelle de Courtalain en eglise paroissiale ;
L'église est située dans le périmètre immédiat du château. L'ensemble de l'édifice est couvert en partie de tuiles plates pour la toiture de la nef, le clocher, la tourelle de l'escalier ; les trois pans coupés de l'abside et le bas côté Nord sont couverts en ardoises naturelles.
A l'intérieur de la nef se trouve un orgue Mutin Cavaillé Coll datant de 1936.
Elle renferme plusieurs tableaux intéressants.


Le Lavoir

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Le lavoir a été construit sur les instructions du Duc de Montmorency vers 1830 sur les bases d'un plan carré.



La Commune

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Appelé primitivement la Court d'Alain (Curia Alani), nom d'un de ses anciens seigneurs ; ensuite Courtalain (Curtellanum).
Cette localité est habitée depuis les temps les plus reculés. Des vestiges gallo-romains ont été retrouvés près de la rivière.
Au XIIIème siècle, la paroisse ne comptait que 10 chefs de famille alors que Saint-Pellerin en comptait dix fois plus.
La superficie communale est de 276 hectares (la plus petite d'Eure-et-Loir). Le bourg se resserre près du château dont le vaste parc occupe la plus grande partie de la superficie communale.
C'était une châtellenie appelée la seconde aux assises du baillage du Dunois. Elle a été formée au commencement du XIIIème siècle, par un démembrement de celle de Montigny-le-Gannelon, en faveur de Odon, Eudes ou Oudin Borel ou Boureau « Odo Borellus », qui vivait en 1200. Elle n'a de ressources que sur les justices de Chaussepot et de la Teuze.
Courtalain était autrefois de la paroisse de Saint-Pellerin. Une portion du parc est de celle d'Arrou.
L'Abbés Bordas nous signale que les foires du 1er mai et du 29 août que la piété de Mre Léon de Montmorency et de son épouse ont fait transférer aux jours de marché, par respect pour deux fêtes chômées. Celles de Saint Michel et de Sainte Catherine sont fort marchandes, surtout la dernière, pour les chevaux et toute sorte de bétail.
On présume que Courtalain a tiré son nom d'un de ses anciens seigneurs, nommé Allain. Il l'a donné à une famille noble qui en était en possession dans le XIKème siècle, comme Morel de Courtalain, dont la veuve, nommée Cécile, donna à l'Abbaye de Saint-Avit, l'an 1150, un tiers de deux moulins situés près cette abbaye ; et Yvon de Courtalain qui reçut une dime près Saint-Pellerin, du prieur de Saint-Hilaire sur Yerre, envers lequiel il l'obligea à une rente de sept setiers de grains par an, « moitié hiver, moitié été », par acte de l'an 1192. Cette famille de Courtalain à possédé Marolles. Robert et Drogon de Courtalain, seigneurs de Marolles, firent du bien à l'Abbaye de Tyron, l'an 1130, suivant le cartulaire de cette abbaye. Elle a subsisté, jusqu'au XVIème siècle, que Jean de Courtalain était seigneur du Favril et de Prasville en partie, l'an 1598, suivant les titres du château de Prasville.
Oudin, Odon ou Eudes Borelle, seigneur de Courtalain, vivait en 1200. Quatrième fils de Hugues II de Montigny. L'an 1209, par ses lettres données à Montigny au mois de septembre, il accorda, comme seigneur de fief, que les chanoines de la Madeleine, desservant l'église de Lannerai, jouissent d'une vigne et d'une place qu'Odon de Lanneray venait de leur donner.
L'an 1240, Eudes Borel, son fils, ratifia le don que son père avait fait à l'Abbaye de la Madeleine d'un pré et d'un petit bois situé à Chanchabot. Le même confirma, l'an 1243, une donation que Rodolphe, écuyer, et Marie, sa femme, avaient fait dans sa censive à Châteaudun, dans le quartier du Guyichet, quartier et rue dont le nom vient peut-être de Bernard du Guichet, qui y possédait une maison dans le siècle précédent, à moins que ce Bernard du Guichet n'eût pris lui-même son nom de ce ²quartier et de cette censive.
Martin du Rouvray et bertrande d'Illiers possédaient Courtalain en 1449.
Cette terre était passée, avant 1480, à Marin d'Avaugour, seigneur d'Arrou et Bois-Ruffin, auquel ont succédé Guillaume, son fils, Pierre, son petit-fils Jacques, son arrière petit-fils, dont la fille, Jacqueline d'Avaugour, porta cette terre à Fonmary Pierre de Montmorency-Fosseux. Leur fille, jeanne de Montmorency, eut Courtalain et fut mariée à Jean de Beauxoncles ou Beausoncles, seigneur de Bourguerin et gouverneur du Dunois, de qui elle eut Pierre de Beausoncles, seigneur de Courtalain. Celui-ci étant mort sans enfant, la châtellenie de Courtalain a passé à François de Montmorency-Fosseux, chef du nom et armes de toute la Maison de Montmorency, lequel était petit-neveu de la mère de Pierre de Beausoncles. Il hérita de même d'Arrou et Bois-Ruffin.
Mre Léon de Montmorency, fils de François, a passé la majeure partie de sa vie dans le château de Courtalain avec son épouse Marie-Madeleine de Poussemotte de l'Etoile ; ils s'y sont occupés à édifier et à soulager par leurs charités la multitude des pauvres dont leurs paroisses sont remplies. Ce chef des Montmorency y est mort le 20 mars 1750, âgé de quatre-vingt-six ans.


La Baronnerie, lieu-dit de Courtalain a été distrait de la commune de Saint-Pellerin et réunis à celle de Courtalain par la loi du 2 juillet 1846.

La Besnardière, lieu-dit de Courtalain a été distrait de la commune de Saint-Pellerin et réunis à celle de Courtalain par la loi du 2 juillet 1846. Un aveu de 1585 mentionne : « la mestairie de la Besnardière, paroisse de Saint-Pellerin ».

Les Bordes, lieu-dit de Courtalain a été distrait de la commune de Saint-Pellerin et réunis à celle de Courtalain par la loi du 2 juillet 1846. Un aveu de 1585 mentionne : « la mestairie des Bordes près le château de Courtalain, paroisse de Saint-Pellerin ».

La Briqueterie, lieu-dit de Courtalain, était une fabrique de tuiles et de briques. A été distrait de la commune de Saint-Pellerin et réunis à celle de Courtalain par la loi du 2 juillet 1846.

La Varenne, lieu-dit de Courtalain a été distrait de la commune de Saint-Pellerin et réunis à celle de Courtalain par la loi du 2 juillet 1846. Ancien moulin à farine mentionné en 1585.


Recensemen
courtalin_paysage_sur_la_riviere_Rt de 1851 : quelques habitations que le recensement de 1851 désigne à part, sont réellement comprises dans le bourg dont elles font partie ; ce sont : la Basse-Cour, dépendant du château, qui fut construite de 1751 à 1760, époque à laquelle le parc du château fut clos de murs ; la Boisvinière, maison isolée ; le Grand-Moulin, moulin à farine, la Jourdannerie, mentionné dans un aveu de 1484 ; la Pépinière, maison isolée dans les jardins du château.



Le Château


Le château de Courtalain que l'on découvre en arrivant par la route d'Arrou a été bâti en 1483 par Guillaume d'Avaugour, chambellan du roi, et son épouse Pierrette de Baïf dont la pierre tombale est visible dans l'église.
Ensuite, Courtalain entra dans la maison de Montmorency, par le mariage de Jacqueline d'Avaugour avec Pierre de Montmorency en 1553 et y resta pendant neuf générations. Soit jusqu'en 1862, année où mourut le dernier duc Anne Raoul de Montmorency. C'est sa nièce Félicie, princesse de Bauffremont et du Saint-Empire, marquise de Gontaut Biron Saint Blancard qui en hérita et qui fit entrer Courtalain dans la famille de Gontaut Biron, actuels propriétaires, l'une des plus illustres familles de notre pays, originaire de l'Agenais.
L'aile en briques que l'on aperçoit sur le côté fut construite par le duc Anne-Charles-François de Montmorency en 1802 à son retour d'exil en Angleterre. L'aspect décoratif du château actuel est dû au sculpteur Henri Gaullier qui fut chargé en 1854 de le restaurer en réalisant les parties hautes dans un style Renaissance. courtalain_le_chateau_R
Les façades et les toitures sont classées aux Monuments Historiques depuis le 9 juillet 1926.
L'Escalier en vis principal du château ; façades et toitures des dépendances du milieu du 18e siècle (pressoir, étable, écuries, remises à voitures, grange, logements des domestiques et du régisseur, buanderie), pavillon d'entrée de la cour des communs, murs qui ferment ou subdivisent cette cour avec leurs portails ; pavillon Caroline avec son décor ; façades et toitures de l'orangerie ; façades et toitures de la briqueterie et vestiges des fours ; façades et toitures de la conciergerie vers la place de l'église ; pavillons du jardin potager et son mur de clôture ; douves sont classés aux Monuments Historique depuis le 10 mai 1991.
Le parc paysager du château de Courtalain à Courtalain constitué de la prairie et des grandes perspectives autour du château ainsi que des éléments bâtis non encore protégés: la glacière, le mur d'enceinte façades et toitures du pavillon du garde, la façade méridionale et la toiture du pavillon du jardinier et le mur d'appui de la serre, sont classés depuis le 21 mai 1997.
Le château est entouré d'un parc à l'anglaise de 200 ha que l'on peut visiter l'été et de dépendances dessinées par Gabriel de Lestrade en 1730 (pressoir, étables, écuries, remises à voitures, grange, logements des domestiques et du régisseur), ainsi qu'une orangerie transformée en salle de réception.

François-Edme Ricois, naît le 11 fructidor An III (29 août 1795) à Courtalain (Eure-et-Loir).
Il entre à l'école des Beaux-Arts en 1816. Elève de Bertin, Bourgeois et Girodet, il débute au salon de 1819 avec une vue de Montreuil conçue et peinte suivant les données de l'époque qui plaisaient à la majorité du public. Aussi, M.Ricois fut-il bien accueilli.
En 1824, il obtient une médaille de deuxième classe et paraît désormais au Salon presque annuellement. Il prend part à de nombreuses expositions de province, est médaillé notamment à Douai, Lille, Toulouse et Cambrai. C'est un globe-trotter qui sillonne la France et va même jusqu'en Espagne.
Ricois tient pendant de longues années un atelier d'élèves pour les deux sexes. Il produit un grand nombre d'aquarelles et expose au Salon pour la dernière fois en 1880, quelques mois avant sa mort.
Il épouse Marie Constance Denin. De cette union naît le 2 décembre 1830 une fille Marie-Octavie Ricois, elle-même peintre et professeur de dessin qui épouse Charles Richard, professeur de littérature. Ils auront deux enfants Marie-Antoinette-Catherine et Antoine-François-Gaston qui, à la mort de sa mère, sera professeur de sociologie à la Faculté de Bordeaux.
François-Edimé Ricois meurt le 21 janvier 1881. Il a 86 ans.


Polissoir des Griffes du Diable, Protégé au titre des monuments historiques par arrêté du 27 janvier 1987, le polissoir des griffes du Diable se situe non loin du pont TGV sur la D927 entre Courtalain et Arrou.
Cette pierre (4000 ans av JC) servait à l'époque du Néolithique (Age de la Pierre Polie) à polir un éclat de silex pour en faire un outil plus agréable au toucher et plus efficace par son tranchant: une hache, un couteau, un racloir pour préparer les peaux etc...
Le polissoir des Griffes du Diable est donc le témoignage de l'occupation de cette région par des hommes préhistoriques.




 

 
Montigny le Gannelon

La Commune


A son origine, Montigny était une petite ville close fortifiée avec un château dominant le Loir. Commune d'une superficie de 894 hectares.
Vue_montignyRAncienne châtellenie (Montiniacum Castrum, charte du XIe siècle). Jusqu'à cette époque, elle ne porta que le nom de Montigny. Le fils du seigneur Rahevius(fin du Xe siècle) laissa sa riche succession à un Gannelon, d'où son surnom. Celui-ci lui vient de « Gannelon, abbé fieffé de Saint-Avit-les-Châteaudun et trésorier de Saint-Martin de Tours qui vivait en 1044 « Montiniacum Ganelonis ».
Cette ville ayant été détruite par les Anglais, Jean de Montigny la fit rebâtir en 1198.
Au XIIIe siècle il y avait deux paroisses, Saint-Gilles et Saint-Sauveur, qui ont été réunies : « S. Salvator de Montigniaco, S. Egidius de Montigniaco ».
Mentionné sous le nom de Montigneium en 1130, Montigniacum en 1140, Muntigneium en 1142, Montinneium en 1145, Montiniacum en 1160, Montinniacum en 1212, Montineium en 1251, Montigniacum-juxta-Cloyam en 1300, Montigny-le-Ganneron en 1484, Montinhiacum en 1208, Mongigniacum-Ganelonis en 1407, Montigny-le-Galnon en 1665, Montigny-en-Dunnoys en 1666, Montigny-le-Ganellon en 1688.
En 1409, on trouve trace d'une vente du domaine de Montigny à Guyot de Renty pour 6000 livres. Montigny était alors dans un état de dégradation important : murs et tours abattus, château démoli, mis en ruine et brûlé pour éviter que les Anglais ne s'en emparent.Rue_R
En 1495 son successeur, Jacques de Renty, fit réparer les murs de la ville.
Les entrées et les sorties se faisaient par cinq portes : portes d'Abbas, Roland, Saint Gilles, Poterne et Chartraine. Seule subsiste aujourd'hui la Porte Roland datant du IXe siècle et restaurée au XIIe et XXe siècle. A droite de cette porte, on remarque une solide construction en pierre de taille datant de la fin du XIIe siècle et servant à l'époque de poste des gardes. On observe néanmoins ça et là, quelques vestiges des fortifications près de la Porte Saint-Gilles ou de la Porte d'Abbas. Un superbe escalier en pierre d'une centaine de marches a été restauré en 2008. Le village est également réputé pour ses habitations troglodytiques. Au cours des siècles l'homme a extrait le calcaire qui a fait la renommée du village, tant pour les pierres de taille que pour la qualité de sa chaux. En 1604, la majorité des fours à chaux de la région étaient à Montigny.
En 1747, est né Pierre Louis François Silly. Engagé sous la monarchie en 1765, il devint Général de Brigade sous la Révolution et perdit une jambe à la campagne d'Egypte. Il décéda à Cloyes en 1809.
Une grande partie du vignoble était alors plantée en Gondouins, nom qui lui fut donné parce que la première tige plantée avait été prise sur une treille vigoureuse appartenant à René Gondouin, beau-frère du père du peintre Pierre Prévost. Jean Prévost, maire de 1831 à 1843, dans une notice historique, fit remarquer l'augmentation des surfaces de vignobles dans la commune. Si celles-ci se cantonnaient au Rempart avant la Révolution, elles se prolongèrent jusqu'à Saint-Hilaire en occupant tout le coteau 50 ans plus tard.


L' Abyme, lieu-dit de Montigny-le-Gannelon.

Bel-Air, lieu-dit de Montigny-le-Gannelon. Mentionné sous le nom de Bellus-Visus en 1258.

Le Crot, lieu-dit de Montigny-le-Gannelon.

Le Bois-Gasnier, lieu-dit de Montigny-le-Gannelon. Avant 1586, ce lieu-dit était divisé en deux parties : le Petit et le Grand-Bois-Gasnier.

Le Fournil, lieu-dit de Montigny-le-Gannelon. Nom d'un bois près de ce lieu. Ancien fief et château qui possédait une chapelle mentionné en 1365, ayant appartenu a Honoré Caillé, généalogiste et à Jacques Costé. Une châtelaine, la marquise de Monceaux d'Auxy de la Bruyère, ardente Janséniste y vécu. Mentioné sous le nom Le Fournil ou la Bretache en 1521.

Les Giberderies, lieu-dit de Montigny-le-Gannelon.

Le Plessis, ferme sur la commune de Montigny-le-Gannelon. Mentionné sous le nom de Plaxicium en 1184, la métairie du Plessey en 1586.

La Proutière, ferme, appelée la métairie de la Poustière dans un aveu de 1580. Mentionné sous le nom de La Proustière en 1200, La Poustière en 1586.

Le Rempart, lieu-dit de Montigny-le-Gannelon.

 


L'église


Jusqu'en l'an 1300, il
glise__montig_guideexiste deux paroisses à Montigny : la paroisse Saint Gilles à l'intérieur des fortifications et la paroisse Saint Sauveur à l'extérieur.
Monseigneur l'évêque de Chartres, en raison de l'exiguïté du revenu des deux paroisses, les réunit en une seule, par une charte de 1300.
L'église Saint-Gilles étant détruite quelques temps après, la paroisse restante prit le nom de Saint Sauveur-Saint Michel.

L'église Saint Sauveur-Saint Gilles, fut reconstruite au XVIe siècle sur les fondations d'une église romane. Son originalité vient de son clocher avec un toit en bâtière, de son caquetoire et de sa voûte lambrissée. Elle renferme deux curiosités :
- La relique de Saint Gilles, patron de la paroisse qui guéris
Eglise_Rsait les maladies nerveuses.
- Le reliquaire de Sainte Félicité placé sous l'autel. C'est le pape Léon XII qui donna au prince de Montmorency-Laval, ambassadeur de Rome, les ossements de la Sainte.
Un chapiteau en charpente et un escalier extérieur confèrent beaucoup de charme à cette église de plan rectangulaire.
Cette église a été restaurée au début du XIXe siècle, époque à laquelle une chapelle fut aménagée au-dessus de l'ancienne sacristie pour les propriétaires du château. Une voûte plâtrée a alors remplacé le lambris, mais les entraits et poinçons de la charpente sont restés apparents.

 

 


Le Pèlerinage de Sainte Félicité


On doit au Prince Duc de Montmorency-Laval, ambassadeur à Rome, un reliquaire qui lui fut accordé par le pape Léon XII.
Il contient quelques ossements de Sainte Félicité (martyre qui vivait à Rome au IIe siècle et- mise à mort à Carthage en l'an 203 sous le règne de Septime Sévère). Inhumée dans les catacombes, son tombeau retrouvé lors de fouilles, était fermé par une pierre blanche gravée de l'inscription « Felicitas in pace », d'un cœur enflammé et d'une branche de palmier, symboles du martyr.

Ces précieux restes, propriété de la famille de Lévis-Mirepoix, furent solennellement déposés en l'église de Montigny le 25 juin 1838, en présence de l'évêque de Chartres, Monseigneur Clausel de Montels.
Les ossements s
ChasseSteFelicitRacrés sont conservés, incrustés dans un corps de cire représentant une dame romaine de distinction. Les cheveux sont ceux de Félicité de Levis Mirepoix, petite fille d'Adrien de Montmorency-Laval, décédée peu avant la fermeture de la chasse.
L'inscription « Félicitas in pace » retrouvée près du corps de la martyre a été retranscrite à l'intérieur de la châsse.
Il démarra en 1838 et avait lieu le dimanche avant la Saint Jean (24 juin) jusqu'aux années 1970. La châsse était alors portée à dos d'hommes dans les rues du village. Certaines années, près de 1000 pèlerins venaient prier et demander divers types de guérison : les maladies des enfants (la peur, les maux de dents) mais aussi les maladies des femmes (le flux de sang, le sang à la tête, les nerfs).
La châsse est sortie de l'église, en procession, vers 15 heures 30. Elle est portée par huit hommes : quatre jeunes d'un côté, quatre plus âgés de l'autre. Porter la chasse est considéré comme un honneur. Le garde-champêtre fait toujours parti des porteurs.

Le cortège se forme à la sortie de l'église avec la musique des « Enfants du Loir », la châsse, les représentants du clergé en habit de cérémonie et, enfin, les pèlerins. La procession s'engage dans la rue du village. Elle fait le tour de l'église par la droite, en s'arrêtant devant les grilles du château de Montigny. C'est là qu'un prêtre fait un sermon, exhortant les pèlerins à l'humilité, au travail et à l'amour du prochain. Le cortège revient ensuite à l'église pour y déposer la châsse, puis les pèlerins sont invités à écouter de la musique dans le parc du château qui ouvre exceptionnellement ses portes le jour de Ste Félicité.
Sous le porche de l'église, des femmes âgées vendent des cierges, des médailles frappées à l'effigie de la sainte et des imprimés (prières à Ste Félicité et aussi à St Gilles).
Des pèlerins descendaient jusqu'à la fontaine Sainte Félicité pour y puiser de l'eau et pour ses vertus. Cette fontaine, au bord du Loir, alimente un lavoir.

 


La Légende de « La Dame de Montigny »


« Depuis près de deux ans, le seigneur châtelain de Montigny était parti pour de lointains pays où la guerre avait porté ses ravages ; il avait laissé dans son château son épouse et quelques serviteurs.
« La châtelaine était loin de ressembler à son époux. Celui-ci était très affable et rempli de bonnes qualités ; celle-là, au contraire, était dure et hautaine : aussi ses vassaux la craignaient-ils ; car ils avaient à souffrir de son mauvais caractère, lorsque le châtelain partait pour quelque voyage. Le retour de leur seigneur était, en revanche, toujours attendu avec impatience et son arrivée était fêtée avec une grande joie de la part de ces pauvres gens.

« De jour en jour on attendait le bon châtelain et des mois entiers s'écoulaient sans nouvelles aucunes. Ce fut dans ces mêmes temps que la dame châtelaine rencontra un soir une mendiante accompagnée de ses sept petits enfants qui semblaient avoir tous le même âge. La pauvre femme s'approche d'elle, lui demandant quelque aumône pour le soutien de sa famille, mais le dame la regarda dédaigneusement et se moquant honteusement s'elle à cause de ses sept enfants, la repoussa avec dureté. Devant cette attitude, la mendiante, qui n'était rien de moins qu'une sorcière, lui répondit : « Vous riez de moi, madame, mais pour votre punition vous aurez en une seule couche un nombre d'enfants plus élevé que celui qui se trouve en ce moment autour de moi. » Après ces paroles, elle disparut et la châtelaine se retira, riant beaucoup de ce que venait de lui dire la vieille mendiante ; mais l'histoire rapporte que' quelque temps après, la dame mit au monde neuf enfants qui naquirent le même jour. Elle devint furieuse et ordonna que l'on se mit à la recherche de la maudite sorcière ; puis, ayant fait venir une de ses femmes, elle lui dit : « Mon mari doit revenir bientôt, comme je redoute sa colère, enlève huit de ces marmailles et va les jeter dans les eaux du Loir. »

la servante renferma dans un sac les huit enfants désignés et elle se dirigeait, favorisée par la nuit, vers le Loir qui baigne la base des coteaux de Montigny, lorsque tout à coup elle entendit devant elle un grand nombre de cavaliers et d'hommes d'armes à pied. A leur tête, elle n'eût pas de peine à reconnaitre son seigneur et maitre ; celui-ci lui dit : Où vas-tu, à cette heure, ma mie ? » Elle lui répondit qu'elle allait noyer des petits chiens, mais son maître lui ayant demandé à les voir, elle fut forcée de tout avouer.
« Le bon et brave châtelain fut tellement pénétré de douleur, en apprenant les faites de son épouse, qu'il entra, contre son ordinaire, dans un grand courroux et jura de la punir ; il fit élever secrètement les huit enfants dans le village de Montigny, puis un jour - les uns disent sept ans après leur naissance - il les fit venir au château, mit au milieu d'eux celui que la châtelaine avait adopté et, les ayant tous vêtus de même, il envoya chercher sa femme et lui dit : « Madame où est votre fils, montrez-le moi ? » elle ne le put, car ils étaient très ressemblants ; devenue confuse, elle se jeta aux pieds de son mari, mais il la repoussa et lui dit : « Quel supplice avez-vous mérité ? »

Celle-ci lui répondit qu'elle méritait être jetée par la haute fenêtre du château, enfermée dans un tonneau garni de lames de couteaux à l'intérieur. Le châtelain ayant donné ses ordres, la malheureuse roula, ainsi enfermée, jusque dans le Loir ; le courant l'entraîna bien loin de là. Un homme d'armes la suivait et criait au curieux : « Laissez passer la justice... »
« Enfin, la malheureuse châtelaine étant arrivée vers le soir entre Saint-Claude et Saint-Jean, villages situés au-dessous des Bouches-d'Aigre, sur le Loir, elle se mit à crier merci. L'homme d'armes, qui devait la suivre jusqu'à Saint-Jean, pour la retirer morte ou vive, eut pitié de ses plaintes : il retira la cruelle machine et en fit sortir la pauvre victime dans un piteux état. Elle demanda des vêtements pour se couvrir, on lui apporta un manteau et, quand elle l'eut mis sur elle, elle s'écria : « Ah ! froid mantel ! » Ce fut ses dernières paroles.
« C'est depuis cette époque que les villages de Saint-Claude et Saint-Jean portent le nom de Froidmentel.

 


Le Château


Le Château est une grande demeure privée ouverte au public, tous les jours, du 1er juin au 30 septembre de 10 heures à 12 heures et de 14 heures 30 à 18 heures. Fermé le samedi matin et le dimanche matin, sauf pour les groupes sur réservation. Le parc d'une superficie de 15 hectares clos est ouvert au public tous les jours du 1er juin au 30 septembre de 10 à 18 heures.
ChateauRVers 1040, Gannelon devient propriétaire de Montigny.
Vers la fin du XII e siècle, le seigneur Jean de Montigny reconstruit le château.
Vendu en 1391 à Charles, duc d'Orléans, Montigny est réuni au Comté de Dunois. Incendié et démoli, il sera remplacé sous le règne de Louis XII vers 1417.
Celui que l'on admire aujourd'hui a été construit à plusieurs reprises, en 1495, à l'époque de la Renaissance, Jacques de Renty alors seigneur de Montigny, fit reconstruire le château à l'emplacement de l'ancien.
De cette époque, il ne reste que la Tour des Dames, la Tour de l'Horloge, une construction polygonale, un donjon quadrangulaire ainsi que la façade Ouest.
A la même époque, on trouve trace d'un certain capitaine Taupineau en poste dans le château de Montigny.
En 1767, M. Thiroux de Villemesle, entra en possession du domaine de Montigny, il trouva le château et ses dépendances dans un état de délabrement qui nécessita de grandes réparations et des dépenses considérables. Il profita de sa propriété jusqu'à la Révolution.
Le domaine passa en 1831 de M. de la Feronnays au Prince Duc de Montmorency-Laval ambassadeur de France qui fit en 1834, construire un pavillon supplémentaire attenant à la façade nord du château, pour y placer six grands portraits des rois dont il a été ambassadeur (Louis XVIII et Charles X)et ceux auprès desquels il a été accrédité (Georges IV d'Angleterre, François II Empereur d'Autriche, Guillaume IV d'Angleterre, Ferdinand VII d'Espagne) ainsi que deu
IMAG0027x portraits des Papes Pie VII et Léon XII.
En 1876, la façade Est a été construite pour donner une unité d'aspect au bâtiment qui domine la vallée du Loir, Clément Parent, élève de Viollet-le-Duc a été chargé de cet ouvrage par le Comte Sigismond de Lévis-Mirepoix.
Le château de Montigny-le-Gannelon abrite une superbe collection de tableaux, notamment
des portraits de rois de France.
Vous visiterez les salons d'apparat du château donnant sur la vallée du Loir.
Pierre Prévost (
1764-1823), naît de parents cultivateurs d'une certaine aisance, mais pas suffisamment riches pour lui donner l'éducation qu'aurait exigée le goût qu'il manifestait pour les arts, l'inclination artistique de Prévost était tellement prononcé que son père se détermina à se sacrifier pour l'envoyer à Paris.
C'est par hasard que le père de Pierre Prévost allant discuter avec M. Moreth, peignant à la gouache la Porte Rolland, présenta à celui-ci, la passion de son fils pour le dessin. Très intéressé par le talent du jeune homme, il devint son premier maître à Paris. Le second, qui fut M. Valencienne, considéré à cette époque comme le maître des paysages historiques, lui donna de sages conseils. Sa persévérance fut enfin récompensée et les ouvrages qu'il exposa au salon du Louvre commencèrent à le faire connaître avantageusement. Paraissant annoncer la même sagesse dans la composition, le même grandiose dans les lignes, la même noblesse dans le style que Poussin, il semblait destiné, sous le rapport de l'exécution, à maintenir en France le genre du paysage à la hauteur où l'avait élevé ce dernier. Néanmoins, malgré un talent incontestable, il n'aurait peut-être obtenu que le second rang parmi les peintres de paysage si l'invention du procédé des panoramas, dont il était le détenteur du brevet en France, n'était venue lui faire embrasser ce genre nouveau de peinture dans lequel il est demeuré sans rival et qu'il rendit célèbre en France.
Le premier tableau qui le fit connaître fut celui de Paris, avant de perfectionner graduellement, dans l'exécution de dix-sept autres, son talent pour arriver à cette maturité au-
delà de laquelle il est difficile d'imaginer quelque chose de supérieur. Parmi ces panoramas successifs, les plus remarquables sont ceux de Rome, de Naples, d'Amsterdam, de Boulogne, de Tilsitt, de Wagram, d'Anvers, de Londres, de Jérusalem et d'Athènes.
montignyToujours fidèle imitateur de la nature, il allait copier sur les lieux mêmes les sujets qu'il rendait ensuite avec perfection. Doué à un haut degré de la mémoire des yeux, il se contentait de prendre sur les lieux de simples croquis d'une grande exactitude linéaire. Tous les détails existaient seulement dans sa mémoire : souvent même, il les exécutait longtemps après les avoir dessinés.
Peu de peintres ont su, avec autant que lui, rendre les différents aspects de la campagne, et reproduire sur la toile, avec une vérité aussi frappante, la nature dans tous ses détails et sous toutes ses formes. Jamais l'illusion n'avait été poussée plus loin.
Un des talents de Prévost fut de choisir, pour l'aider dans ses travaux qu'il ne pouvait, en raison de leur étendue, exécuter seul, des artistes au mérite en harmonie avec le sien, tels que Bouton et Daguerre.
Comme peintre de paysages, ses tableaux à l'huile prouvent que le travail des panoramas n'avait pas appesanti sa main ; ils sont peints avec une grande légèreté, et remarquables par le charme et la vérité du coloris : c'est surtout dans la gouache, qu'il a porté l'exécution au dernier degré de perfection.
En 1817, il s'embarqua, dans l'intention de reproduire la vue des lieux les plus célèbres de la Grèce et de l'Asie, avec Forbin, dont il résulta deux panoramas de Jérusalem et d'Athènes. Prévost s'occupait de la peinture de celui de Constantinople, lorsqu'une fluxion de poitrine, qu'il avait contractée en peignant le panorama d'Athènes, l'enleva, à l'âge de cinquante neuf ans.


Matthieu Cochereau (1793-1817), connu sous le nom de Léon.
Appelé à Paris en 1807, par son oncle Pierre Prévost, il aida celui-ci dans la confection de ses très grandes toiles. C'est lui qui peignit entre autres, l'église de Westminster sans le panorama de Londres.
Mathieu a été l'un des élèves de David. Intimiste il développera les arrangements et la lumière. Il filtre, dans ses œuvres, le jour dans une matière agréablement vernissée. Avec des touches fines, il caresse les visages et les objets d'un ourlet de clarté. Son art est baigné de poésie familière, de vérité humaine, de recueillement et d'émotion. Il participe à un art nouveau pour l'époque.
Le hasard lui donne l'essor : une pluie battante retenait Cochereau chez son maître et l'idée lui vint de peindre l'intérieur de l'atelier. Dans la soirée, l'esquisse est terminée. Encouragé par son oncle, le jeune élève met la dernière main à son tableau, admis bientôt à l'exposition.
Cochereau était à Londres, la renommée vint à lui apprendre qu'il avait fait un chef-d'œuvre. Il exposa au salon de 1814, le fameux tableau « intérieur de l'atelier de David ».
Mathieu Cochereau mourut prématurément de la dysenterie en face de Bizerte, au retour d'un voyage d'études en Grèce pour l'exécution des panoramas de Jérusalem et d'Athènes de Pierre Prévost. Il est inhumé dans l'ile de Cérigo, ile grecque de la Mer Egée entre la Péloponnèse et la Crète.

 


L'Ecole des filles, le Duc de Mirepoix gratifia la commune d'une école pour jeunes filles confiée aux dames religieuses de la Providence.

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Le Moulin et la turbine


C'est en 1851, à l'initiative du Duc de Lévis que fut installée en haut du bourg, un réservoir d'eau alimenté par une turbine pouvant fournir 16000 litres par heures et permettant ainsi l'alimentation en eau du château et de la population jusqu'en 1950. montigny_le_vannageR
En 1915, M. Granger fit construire à l'emplacement de l'ancien moulin une des premières usines électriques hydrauliques de France, mais ce moulin fut détruit dans un incendie en 1921.
Le moulin actuel fut reconstruit après l'incendie de 1921.

 


Pierre Silly
Pierre Silly né à Montigny-le-Gannelon le 12 septembre 1747 de Léon Marin Silly notaire et de Madeleine Menou.
Soldat, engagé le 4 décembre 1765 à l'âge de 18 ans dans l'Armée Royale au régiment de Bourbon devenu en 1791, le 56ème d'Infanterie. Il accède au grade d'Adjudant sous-officier en mai 1783.
Après avoir servi, avec distinction dans les armées de la Révolution, il est appelé à servir lors de l'expédition d'Egypte, entreprise par Bonaparte en 1798 et 1799.
Nommé provisoirement Général de Brigade par le Général en Chef Menou le 23 septembre 1800. Le Général Desaix l'emploie pour la conquète de la Haute-Egypte et refouler les derniers Mamelucks commandés par Mourad-Bey.
Commandant la 1ère Brigade de la division Lanusse, à la bataille de Canope (bataille d'Alexandrie) contre les Anglais, le 21 mars 1801, un boulet de canon lui emporte une jambe. Embarqué pour la France, il relâcha à Syracuse, en partit le 31 décembre.
Nommé Commandant d'Armes de 2ème classe à Lyon le 12 décembre 1801, il sera confirmé dans le grade de Général de Brigade par arrêté des Consuls le 7 janvier 1802. Après avoir débarqué à Toulon le 24 janvier 1802, il sera admis à la retraite le 29 septembre 1802 avec une retraite de 4000 francs.
Il se retire à Cloyes où il meurt le 8 janvier 1809.


Le Château de Boisgasnier


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Auparavent, il y avait deux hameaux proches l'un de l'autre : le Petit et le Grand Bois- Gasnier. Appelé simplement Bois-Gasnier en 1586. On parle déjà de ce lieu en 1049.
C'est M. Gorteau qui fit construire cette demeure vers 1820. Sa nièce se maria avec le Baron de Schonen en 1869 et lui apporta en dot cette maison. Son fils, André, modifia les terrasses du château à droite et à gauche. Albert, le fils d'André, Conseiller Général à la Libération et Diplomate, était fort connu à Cloyes.
De nombreux puits et quelques ruines indiquent encore des emplacements du Petit Bois-Gasnier plus au sud et du Grand Bois-Gasnier plus au nord.

 

 
Romilly sur Aigre


La Commune

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Appelé primitivement, Rommilelium en 1160, Ecclesia de Romiliaco en 1177, Romilli en 1188, Romilliacum-in-Pertico en 1246, Romilliacum en 1275, Rommilly en 1455, Romilicum-ad-Arulam en 1626, Romilly-sur-Egre-en-Dunois en 1715. La commune de Romilly-sur-Aigre s'étend sur 1206 hectares. Le village est entièrement traversé par la rivière. L'occupation humaine est corue_principaleRntinue dans la vallée depuis la nuit des temps. La maladrerie de Romilly-sur-Aigre fut réunie en 1697 à l'hospice de la Ferté-Villeneuil.
A l'époque médiévale, il y avait deux seigneuries à Romilly.
L'une était appelée le Seigneurie de Romilly dite de la Cour ou de la Grand Cour. Le premier propriétaire connu était Jehan de Montauban en 1442. Il est probable qu'un château existait à cet endroit. L'église actuelle aurait été construite à la place de cette forteresse.
L'autre était appelée la seigneurie du Jonchet, possession de Jacques de Lyon en 1537.
Ce n'est qu'en 1593 que ces deux domaines furent réunis par Nicolas Sublet. Il adjoignit ainsi le Jonchet à ses domaines déjà importants dans la vallée de l'Aigre : La Ferté-Villeneuil, la Touche, la Grand-Cour, Morgues (près de Moulineuf).
Quand il acquit le Jonchet, celui-ci devait être en piteux état. Les guerres de religions se terminaient et le domaine avait été occupé par les ligueurs. Le Jonchet devait être alors une place forte. Les fidèles du Roi firent venir de l'artillerie de Vendôme et délogèrent les ligueurs à coups de canon. Les propriétés furent achetées en 1664 par Jean de Pleurre.
Situé au milieu du village, le canal, d'une longueur d'environ quatre cents mètres, qui est une dérivation de l'Aigre. Ce cours forcé de la rivière aboutit à un vannage qui, autrefois fournissait l'énergie à une scierie. Certaines maisons construites dans cette partie basse du village se trouvent ainsi sous le niveau de l'Aigre.


Bouche-d'Aigre, le prieuré Saint Jean et Saint Paul de Bouche-d'Aigre fut fondé vers 1114, il dépendait de l'abbaye de Thiron et appartenait à l'ordre de Saint Benoît. L'église était une ample construction romane comprenant une nef flanquée de bas-côtés et un chœur contourné par un déambulatoire sur lequel ouvraient trois chapelles rayonnantes. Il n'en subsiste plus que les piliers du chœur, couronnés de chapiteaux à crochets. Ces piliers ont été réunis, sans doute au XVIe, par des murs pour former une chapelle couverte d'une belle charpente. Voué à des usages domestiques, l'intérieur est actuellement divisé par un plancher.prieurR
Des bâtiments claustraux, il ne reste que le logis du prieur, élégamment reconstruit par Louis II de Cravant vers 1535, mais modifié par une restauration radicale de l'architecte Radet autour de 1900.
Dolmen et menhir dans la prairie du château de Bouche d'Aigre.

La Baronnerie, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de la Baronnerie ou les Pâtis en 1730.

La Buissonnerie, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de Buinonnium en 1133.

Ferme de la Flocherie, ferme de la commune de Romilly-sur-Aigre qui inspira Emile Zola dans "la Terre".

Château du Jonchet, château de Romilly-sur-Aigre situé en aval du bourg. Sa masse se détache sur le revers d'un coteau presque entièrement masqué par les ombrages du parc. Emanoir_jonchetRntourés par de larges fossés, le château se compose de 3 corps de bâtiments et de 5 pavillons. Construit par Pierre Sublet d'Heudicourt, trésorier de l'ordinaire des guerres de Louis XIII, le châteaud du Jonchet n'a guère changé d'aspect depuis Louis XV. Ancienne seigneurie relevant de Montigny-le-Gannelon. La restauration de ce château ruiné a été réalisée par l'architecte Fernand Pouillon

(il s'agit d'un des plus grands architectes français du 20ème siècle, à la fin des années 50.


Launay (le grand et le petit), lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de Launay-sur-Aigre en 1536.

Moulineuf, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de Molineuf en 1272, Molendinium-Novum en 1280, Moulin des Moulineux en 1610, Molendina-Nova en 1300, Moulins-Neufz en 1525.

Riboeuf, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de Risus-Bovis en 1161, Riboif en 1274. Une chapelle consacrée à Saint-Hubert, fut partiellement détruite, elle aussi, à la fin du XVIIIe siècle. C'est aujourd'hui une grange. Cette chapelle était le centre d'un pèlerinage contre la rage.

Rivière, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom Riveria en 1185, Riparia en 1192, Riperia en 1275.

La Rochette, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Mentionné sous le nom de Molendinum de Rupecula ad Olgriam amnen situm en 1180, Molendinum de Rocheta en 1275.

Le château de Sainte-Barbe, du XIXème siècle est situé au milieu du village.

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Saint-Calais, lieu-dit de Romilly-sur-Aigre. Un prieuré dépendant de l'abbaye de Bonneval fut entièrement détruit pendant la Révolution. Il n'en a subsisté, jusque dans les années 1950, qu'une porte en plein cintre.
Mentionné sous le nom de Sanctus-Carilelfus en 1203, Sainct-Caillais en 1583, Saint-Kaales en 1274, Sainctus-Karileffus en 1275, Sainct-Kales en 1580.


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Ferme de la Touche, ferme de la commune de Romilly-sur-Aigre qui inspira Emile Zola dans "la Terre». Chambres d'hôtes.
Mentionné sous le Nom La Tousche en 1447, la Touche-Romilly en 1586.

 


L'église

L'église Saint Pierre de Romilly-sur-Aigre, a été reconstruite vers la fin du XVe siècle, sur un plan rectangulaire, selon trois étapes principales. En premier lieu, la nef est édifiée à la fin du XVe siècle. A l'intérieur, une belle piscine flamboyante indique le niveau de l'ancien sanctuaire.
egliseRVers la fin du XVIe siècle fut ajouté le chœur, constitué de deux travées et d'une abside à trois pans qui avait été prévue voûtée comme en témoignent les colonnettes engagées d'où s'amorcent les nervures des ogives. Sur les lambris du cul de four de l'abside est peinte une scène biblique. La voûte est entièrement lambrissée avec entraits et poinçons apparents. La charpente à été réparée en 1746 et le lambris en 1766 (inscriptions).
De plus, 10 croix de consécration sont intégrées dans les murs de la nef et du chœur.

Au XVIIe siècle, un bâtiment d'un étage a été rapporté en avant du pignon occidental. Sa façade encadrée de deux tourelles, est ornée de trois niches à statues et est surmonté de deux fausses lucarnes, dont l'une fait office de cheminée. Toutes ces constructions sont dues à Jean de Pleurre.
En entrant sous le porche, un ancien portail à gâble du XVIe siècle est visible.
A l'étage existent deux grandes baies gothiques occidentales.
A l'intérieur, mobilier du XVIIIe siècle.
Ce portail religieux fut transformé en Hôtel Dieu pour les malades de Romilly, de la Ferté-Villeneuil et de Cloyes. A partir du printemps 1720, date de son retour à la Ferté-Villeneuil, cet Hôtel Dieu ne reçut plus de malades.
Au XVIIIe siècle, plus précisément en 1731, sont mis en place le retable du maître autel, les lambris et la grille du chœur. La grille du chœur est une récupération de l'ancienne grille de l'abbaye de Saint Avit à Saint-Denis-les-Ponts.
Le clocher a été reconstruit probablement au début du XXe siècle. En 1999, des travaux furent exécutés afin d'ouvrir des abies bouchées et de restaurer la voûte lambrissée.


L'Aigre

l'Aigre est une rivière qui prend sa source à Tripleville, dans le Loir et Cher (41). Après un cours d'environ 15 km, l'Aigre se jette dans le Loir à « Bouche d'Aigre » dans le parc du prieuré, sur la commune de Romilly sur Aigre dans l'Eure et Loir (28).
L'Aigre traverse la commune d'Est en Ouest, serpente sur environ 8 kilomètres et perd, sur ce parcours, 8 mètres de hauteur. Elle coule donc assez rapidement.
Le Loir se jette lui-même dans la Sarthe, puis dans la Maine, qui est un affluent de la Loire.


 
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